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01/03/2013

Femmes méditerranéennes dans les films et la télévision : Fatym Layachi, comédienne marocaine

« Il faut rendre hommage aux pionniers du cinéma »

Femmes méditerranéennes dans les films et la télévision : Fatym Layachi, comédienne marocaine

C’est l’une des révélations les plus prometteuses de ces dernières années ; la jeune et talentueuse comédienne Fatym Layachi est arrivée au bon moment. Elle apporte un nouveau souffle et une fraîcheur dans un métier et une profession très marqués par les mutations sociales et culturelles que connaît le Maroc. Consciente de ses enjeux, Fatym Layachi n’hésite pas à multiplier les différentes formes d’intervention, toujours portée par le même désir – celui d’être une femme de son temps. Cinéma, théâtre, société civile, elle se trouve toujours là où la culture dessine la vie et canalise le dynamisme d’une société en devenir.

Le cinéma vient de lui offrir un très beau rôle dans Femme écrite de Lahcen Zinoun. Elle y interprète un personnage à forte charge dramatique et symbolique, celui de Mririda N’ait Atik, femme rebelle par le mot, le geste et le corps. Ce corps qui aujourd’hui, dans nos sociétés, est presque devenu un enjeu politique. Le film l’affirme subtilement grâce à son intrigue traversant les genres, flottant du policier (il y a un cadavre) au mythologique (il y a des symboles à déchiffrer).

Brève rencontre avec une comédienne bien de son temps.

 

Peux-tu nous raconter ta rencontre avec le cinéma en tant que comédienne ?

Tout a commencé un peu par hasard grâce a Hakim Noury qui m’a offert le premier rôle de son film Une histoire d’amour alors que je n’avais que 17 ans. C’était une merveilleuse aventure. A l’époque, je ne savais même pas ce que le mot travelling voulait dire ! Hakim a été d’une grande patience et d’une pédagogie inouïe. Ensuite, j’ai fait d’autres choses, j’ai  notamment suivi des études de lettres et pris des cours dans une école d’art dramatique. J’avais besoin d’explorer d’autres voies,  de me nourrir d’autres choses. De grandir, en somme !

Dans tes souvenirs de cinéphile, y a-t-il des films, des actrices, des rôles… qui ont fait naître en toi le désir de devenir comédienne ?

Mon premier choc de cinéma a été Kusturica. Je devais avoir 8 ou 9 ans,  je n’ai sans doute rien compris au film que je regardais mais il s’est passé un truc de fou. Par contre les gens qui ont fait naître en moi ce désir d’être comédienne ne font pas nécessairement du cinéma ! Il y a David Bowie, Tayeb Seddiki, Raouia, Cate Blanchett et d’autres encore dont l’énergie me fait rêver.

Comment as-tu abordé le scénario et le tournage de Femme écrite ?

J’ai lu le scenario d’une traite avec une fascination hallucinante. J’étais totalement embarquée par l’histoire, j’avais de superbes images qui me venaient à l’esprit. En même temps j’avais peur de ne pas  être à la hauteur. Comme si je donnais au rôle une dimension sacrée…

As-tu eu recours à une préparation particulière pour ce rôle si riche et complexe,?

Tout d’abord Zinoun et moi avons beaucoup parlé. J’ai du essayer de comprendre ce qu’il avait envie de raconter à travers ces histoires de tatouages. J’avais besoin de savoir ce qui le faisait rêver, lui d’abord  n tant qu’artiste, dans ces traditions ancestrales. Ensuite j’ai essayé d’y trouver un écho personnel, j’ai lu, j’ai regardé beaucoup d’images, écouté des Tamawayt. Et enfin je me suis énormément inspirée des costumes et pour cela je dois remercier infiniment Amal Benayad et Wafa, les costumières qui ont crée de si sublimes tenues.

Est-ce facile d’assumer et de vivre le métier de comédienne aujourd’hui au Maroc ?

Je pense que je fais partie d’une génération qui travaille dans un certain confort et pour cela il faut rendre hommage aux pionniers du cinéma qui, eux, se sont battus pour nous assurer cet acquis.

 

Mohamed Bakrim

 

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